TAEKWONDO VS JUDO : POLEMIQUE AUTOUR D’UN DOJO
Les slogans hostiles sur les murs . . .
. . . de la discorde
Taekwondo vs Judo : cela pourrait être le titre d’un film à succès et les amateurs d’arts martiaux verraient bien les deux disciplines s’affronter (sportivement bien sûr) pour assurer la suprématie de leur art.
Mais détrompez-vous ! Il n’est point question ici de Jackie CHAN, de katas, de combats, de kimonos. Les combat que se livrent les deux clubs se fait par salle d’entrainement interposée.
Pour mieux comprendre l’enjeu, remontons d’abord le cours de l’histoire de 18 ans. En 1992, un différend qui opposait la Direction de l’ENELGUI (Energie Electrique de Guinée), l’actuelle EDG (Electricité de Guinée) aux consommateurs de courant s’est très mal terminée. En très mauvais négociateurs, les autorités d’alors avaient fait échouer les négociations qui se sont soldées par la mise à sac du siège de l’ENELGUI et de la maison de son représentant, puis de celui de la Résidence préfectorale.
Quelques jours plus tard, les CMIS (Compagnies Mobiles d’Intervention et de Sécurité appelées communément ici antigangs) appelés pour remettre de l’ordre en ville, avaient pris ses quartiers dans la petite salle où se déroulaient les entrainements des judokas. Mais après quelques bavures, les populations déchaînées viendront mettre la salle à sac en emportant les tapis, portes, fenêtres et toiture.
Depuis, la salle est resté à l’abandon et plus personne n’a daigné la réhabiliter. Jusqu’à ce que le Club de Taekwondo DJIGUI, menacé de déguerpir de la Maison des Jeunes en voie de rénovation, ne se voit proposé de faire la demande auprès de la DG de RUSAL pour la réhabilitation et la mise à disposition de cette salle. Le Préfet, Mr Mohamed NABE, avait personnellement appuyé cette demande auprès de RUSAL qui est toujours le propriétaire de la salle. Voyant que le Club DJIGUI était sur le point d’obtenir satisfaction, les judokas, loin de l’entendre de cette oreille, dénoncent un traitement de faveur du Préfet envers son ‘‘parent malinké’’ : Maitre BERETE est bien de la Haute-Guinée comme lui. Certains esprits mal intentionnés sont allés jusqu’à écrire sur les murs de la salle du litige des tracts hostiles dans le seul but de nuire.
Alors que les tensions ethniques, exacerbées par les conflits politiques de ces derniers mois, restent une réelle menace, on comprend mal l’attitude des judokas. D’abord, on se demande pourquoi depuis 18 ans, ils n’ont pas pu ou voulu faire restaurer la salle. Ensuite, en dénonçant cette manœuvre, ont-ils en ce moment les moyens d’assurer dans l’immédiat la restauration de ce qui fut longtemps leur lieu d’entraînements ?
Beaucoup de questions qui ne trouveront de réponses adéquates tant que les protagonistes ne se mettront autour d’une table pour discuter et s’entendre. Des solutions alternatives peuvent être envisagées telles que le partage de la salle ou la rénovation d’une autre salle pour y abriter l’autre club.
En attendant, le combat que se livrent judokas et taekwondistes se déroule loin, très loin des tatamis et des valeurs sportives, morales et mentales qu’ils sont sensés défendre.