LE BRAS DE FER RETRAITES-DIRECTION DE RUSAL-FRIGUIA SE DURCIT
Le bras de fer qui oppose la Direction de RUSAL-Friguia aux 132 agents appelés à faire valoir leurs droits à la retraite ne semble pas près de se terminer. Il vient même de connaître un épisode de plus avec la manifestation de jeunes du Quartier.
Revenons d’abord sur les faits précédents : en fin décembre, la Direction prend la décision de faire à la retraite 132 agents à la retraite. D’un coup. Il s’agit des retraités de 2006, 2007 et 2008 qui n’étaient pas concernés par la loi relevant l’âge de la retraite à 60 ans pour les ouvriers et 65 ans pour les cadres.
Cette loi, promulguée en septembre 2009 et n’ayant pas d’effet rétroactif, ne s’appliquera qu’à ceux de fin 2009 qui ne partiront donc qu’en fin 2014. Ne l’entendant pas de cette oreille, les 132 agents tiennent coute que coute à poursuivre le travail malgré le meeting tenu la semaine dernière où une délégation du Ministère des Mines était venue clarifier les choses et signifier que les chèques de règlements de départ définitif étaient disponibles. Tout en les appelant à rendre les clés des bureaux et des véhicules de service.
Après maintes missions du collectif des retraités à Conakry, où l’on apprendra que le nouveau PM Jean-Marie DORE en personne, aurait demandé leur reprise et que cette annonce aurait même été faite sur les ondes de la RTG, personne ne sait plus vraiment où donner la tête. Profitant du départ en congés du DG, Mr Vladimir KRYUCHKOV et son DRH vendredi dernier, plusieurs retraités ont bravé leur mise à la retraite en retournant travailler lundi dans les ateliers et dans les bureaux pour certains. Ils auraient même projeté de faire une manifestation dans la journée de jeudi.
C’est visiblement pour contrer cette manifestation que plusieurs jeunes du quartier ont érigé des barrages à la CD et devant la Station service TOTAL pour empêcher toute velléité de manifestation tout en appelant ‘‘au départ des vieux et à l’emploi des jeunes’’. On se souvient qu’au mois de décembre, ils avaient déjà une telle marche en faveur de l’emploi des jeunes.
Surpris par ce mouvement très matinal, les travailleurs se sont retrouvés bloqués et personne n’a pu se rendre au travail. Malgré la présence du Préfet et du Maire, les jeunes n’ont pas cédé d’un pouce. Visiblement soucieux de se réconcilier avec la population, les forces de l’ordre ont ‘‘laissé faire’’. Ce qui fait dire à certains qu’ils ont été manipulés. Mais par qui ? La question est en tout cas posée même personne ne semble en mesure de donner une réponse.
Ce n’est que tard, vers 11h seulement, que les jeunes finiront par lever les barrages libérant du coup les voyageurs qui restaient bloqués à la gare routière faute de pouvoir passer. Quelques rares travailleurs ont finalement pu partir au travail mais sont très vite retournés à la maison car les ateliers étaient fermés. L’après-midi et la nuit furent tout aussi calmes et aucun incident n’a été à déplorer. Le matin de ce vendredi est également resté calme et les travailleurs ont pu se rendre sans encombre à l’usine.
Avant la formation du nouveau gouvernement, certains veulent profiter de l’impasse politique et l’incertitude qui prévalent. Seule certitude, c’est que l’irruption de ce troisième acteur dans ce dossier brûlant est en train de modifier le rapport des forces. Mais en faveur de qui ? Et qui aura le dernier mot ? La suite au prochain rebondissement.