LA MORT D’UN JEUNE HOMME CREE DES TROUBLES A FRIA
Le mois de janvier a été celui de tous les dangers dans la ville de Fria. La mort d’un jeune garçon a mis le feu aux poudres dans l’un des quartiers chauds de la cité de l’alumine. La rédaction de Friainfo revient sur cette affaire qui a failli embraser notre paisible cité.
L’affaire a eu lieu en janvier dernier par un fait qu’on aurait qualifié de divers s’il n’y avait eu mort d’homme puis récupération politique sur fond d’ethnocentrisme.
Selon certains témoins, la victime du nom de Moussa CAMARA alias PACOMAN, attendait sa petite amie pas loin de la mosquée du quartier M’Balia. Il était plus de 4h du matin. Et il faut souligner que PACOMAN trainait une assez mauvaise réputation. Pendant qu’il rôdait dans le quartier à attendre sa copine, un habitant est sorti en l’accusant d’avoir volé son téléphone portable alors qu’il était parti aux toilettes. Il n’en n’a pas fallu plus pour qu’une foule se déchaine sur lui et le lynche à mort. Il rendra l’âme au petit matin.
L’histoire aurait pu s’arrêter là si la victime n’était pas soussou et le ‘‘bourreau’’ d’ethnie peule au lendemain d’élections présidentielles qui avaient ravivé la haine interethnique. Accusant les peuls d’avoir tué un des leurs, une bande de jeunes soussous surexcités sont venus s’en prendre à la maison du bourreau qu’ils ont mis à sac avant de l’incendier. Plusieurs maisons voisines subiront le même sort obligeant les forces de l’ordre à intervenir pour ramener le calme. La tension est restée vive pendant plusieurs jours et il a fallu l’arrivée d’un détachement de la FOSSEPEL de Conakry pour ramener un semblant de calme. Les autorités avaient même pris la précaution d’envoyer la dépouille mortelle à Conakry en attendant le calme.
Après les obsèques, l’histoire aurait encore pu s’arrêter là. Mais il a fallu la visite du Premier Ministre (alors en tournée) pour remettre le feu aux poudres. Soucieux d’apaiser les tensions, il a rendu visite dans la famille du défunt et y a laissé une enveloppe financière. Novice en politique, il a commis une imprudence en ne rendant aucune visite à ceux dont les maisons ont été pillées et incendiées. Il n’en fallait pas plus pour que ceux-ci se soulèvent à leur tour et n’eût été les forces de l’ordre, son cortège a failli essuyer des jets de pierres. Plusieurs jours ont encore été nécessaires pour ramener le calme et la sérénité dans la cité.
Les lendemains d’élections ont parfois la gueule de bois. Cette affaire le démontre aisément. Les rapports interethniques ayant été fragilisés, il appartient aux nouvelles autorités politiques, aux chefs des différentes communautés, aux autorités religieuses, aux associations de jeunesse d’œuvrer pour ramener un climat plus propice au changement amorcé.
Car sans la paix, il n’y a ni développement ni progrès.