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Fria : Porte-parole des grévistes : « L’application du SMIC est non négociable avec la direction de RusAl »
Après deux semaines de débrayage, les grévistes de l’usine d’alumine de Fria située à 160 kilomètres de Conakry, continuent de durcir le ton malgré la volonté des partenaires russes à ne pas céder leur pression. Et pour cause !
Le porte-parole des grévistes de RusAl-Friguia qui a préféré requérir l’anonymat, a annoncé ce mercredi à Guineenews que les travailleurs sont prêts à aller à la table de négociation pour négocier avec les partenaires russes, tous les points de revendication, excepté l’application du salaire minimum de croissance (SMIC) dans leur unité industrielle.
« L’usine de Fria est la seule société minière en Guinée aujourd’hui qui refuse d’appliquer le SMIC qui est appliqué partout depuis deux ans. L’application du SMIC dans notre usine est non négociable avec la direction de RusAl », soutient le porte-parole des grévistes.
Selon nos informations, dans les autres sociétés minières, le salaire minimum est à 1 million 400 mille francs guinéens, tandis qu’à RusAl-Friguia, il est de 835 mille de nos francs.
Par ailleurs, le porte-parole des grévistes a rappelé que la grève qu’ils ont déclenchée depuis le 1er avril dernier, est une grève pacifique qui vient rappeler l’indifférence de la direction générale de RusAl face aux conditions de vie et de travail des milliers de travailleurs de l’usine d’alumine de Fria.
Pour le porte-parole des grévistes, la plate-forme de revendication contient cinq points de revendication, notamment l’application du SMIC appliqué depuis deux ans dans toutes les sociétés minières sauf à Fria ; le reversement de l’entreprise EMF dans RusAl-Friguia ; les mesures d’accompagnement suite à la hausse du prix du carburant à la pompe (prime de cherté de vie, prime kilométrique, etc.) ; le paiement des primes du cinquantenaire de l’usine et l’amélioration des conditions de vie et de travail des entreprises sous-traitantes locales.
Dans son entretien avec notre reporter, le porte-parole des travailleurs a également dénoncé la création par les partenaires russes d’une entreprise parallèle dénommée EMF (Entreprise de Maintenance Friguia), et qui selon lui, a contribué à l’extinction des entreprises locales.
« Les russes ont éteint toutes les entreprises locales en faveur d’une entreprise russe parallèle appelée EMF qu’ils ont créée de toutes pièces pour continuer à ponctionner l’usine d’alumine de Fria », explique-t-il.
Ainsi, dans leurs points de revendication, les grévistes demandent le reversement des travailleurs de cette entreprise dans l’effectif des embauchés de RusAl-Friguia.
En outre, concernant le rejet de la somme de 400 mille dollars US que la direction de RusAl avait remis à la délégation gouvernementale, le porte-parole des grévistes a confié à notre reporter que cette somme n’a jamais été rejetée par les grévistes. Au contraire, poursuit-il, cette somme débloquée dans le cadre du Cinquantenaire était disponible bien avant le déclenchement de la grève.