CELEBRATION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA
(4) MOI, ALY BADARA CAMARA, SEROPOSITIF
Son témoignage de séropositif à visage découvert le 1er décembre avait fait l’effet d’une bombe. Dans un pays où ils sont encore nombreux à se cacher et à se taire, Ali Badara CAMARA a choisi de dévoiler son mal pour mieux aider les autres et surtout lui permettre de vivre avec.
Son exemple s’adresse principalement aux jeunes pour les inviter à adopter un ‘‘positive attitude’’ et éviter les comportements à risques.
Nous avons l’avons rencontré et sans ambages, il nous a confié ses sentiments.
Friainfo : Quel courage d’avoir osé témoigner de votre statut de séropositif !
Ali Badara CAMARA : Oui, ça ne sert à rien de se cacher car le sida n’est pas une maladie honteuse.
Friainfo : Depuis quand êtes-vous malade ?
Ali Badara CAMARA : Depuis environ neuf ans. Je l’ai contracté avec une copine sénégalaise qui est décédée il y a quelques années. J’étais souvent malade et suite à une prise de sang, on m’a révélé ma séropositivité.
Friainfo : Comment l’avez-vous accueillie ?
Ali Badara CAMARA : Ça a été un peu difficile pour moi mais Dieu merci ça va aujourd’hui. C’est le premier pas qui a été difficile à franchir. Au début, je l’ai pris comme un coup de marteau sur la tête. Mais au fil du temps, j’ai peu à peu compris ce qu’était le sida et comment on pouvait le soigner par les ARV.
J’ai été rejeté et je ne pouvais pas aller partout. Même dans mon quartier, on me montrait du doigt. Mais grâce au soutien de la FMG et de l’association de séropositifs à laquelle j’appartiens, on peut dire que ça va.
Friainfo : Quel conseil pouvez-vous apporter à ceux qui ont encore peur de la maladie ?
Ali Badara CAMARA : Je demanderais d’abord aux non-malades d’éviter la stigmatisation des personnes infectées et de les accepter en tant que simple malade.
A ceux qui ont peur d’être rejetés, je leur dirais d’aller voir le personnel médical qui peut leur apporter un soutien psycho-social en plus des soins. Beaucoup de personnes qui me rejetaient hier sont aujourd’hui mortes de cette maladie. Elles n’ont pas supporté de vivre avec et n’ont pas voulu se faire soigner. Ce qui est une erreur.
Enfin, et surtout aux jeunes, je demanderais de faire beaucoup attention. Qu’ils osent se faire dépister pour connaître leur état.
Friainfo : On vous a vu témoigner avec votre femme. Cela n’a pas été difficile pour elle aussi ?
Ali Badara CAMARA : Au début oui. Mais elle a fini par se résigner et accepter son état. Nous suivons le traitement sans problèmes et elle prend une part active à toutes ces campagnes de sensibilisation. Nous avons un bébé de quelques mois qui n’est pas malade et qui se porte bien. Grâce au traitement.