DOTE PRIS D’ASSAUT PAR LES ADOLESCENTS EN QUETE DE FERRAILLE


La scène qui se répète depuis plusieurs jours déjà peut prêter à sourire mais se révèle être d’une extrême dangerosité.
Depuis la fermeture des classes, certains enfants de Fria se sont lancés dans une activité que l’on croyait réservée aux zones aurifères et diamantifères. Sauf que le précieux métal recherché n’est autre que de la ferraille rouillée et enfouie sous les gravats et les boues que déchargent chaque jour les camions de l’usine derrière la Manutention. C’est de là que les eaux de ruissèlement charrient tout ça vers le barrage à boues de Dötè.
Il y a deux ans déjà, deux jeunes garçons sont morts ensevelis au même endroit toujours à la recherche de ferraille. La moindre ferraille qui traîne a du mal à résister à l’appétit de ces jeunes prêts à tout pour récolter quelques milliers de francs guinéens. Et dans la nuit de Lundi à Mardi, le câble téléphonique qui relie l’usine à la ville a été coupé bien que depuis un certain temps, ce câble est souterrain à cause des vols répétés. Ils procèdent en sectionnant le câble puis le brûlent pour le débarrasser de toute matière plastique et revendent le métal aux ferrailleurs. Tout y passe : câbles, dalles d’égouts, et . . . même les fourneaux que les ménagères imprudentes laissent sans surveillance ou oublient au dehors. Hors de Fria, on a maintes fois arrêté des gens qui démontaient les cornières sur les ponts et les pylônes électriques de haute tension. Les ‘‘quatre ponts’’ n’y ont pas fait exception.
Pour revenir aux enfants de Fria, ils profitent des pluies diluviennes qui tombent sur la ville et qui charrient la boue et les sables vers le barrage à boues. La moindre ferraille qui se découvre est récupérée pour être revendue. Seulement, en procédant ainsi, les glissements de terrain sont fréquents et à la moindre erreur, on est rapidement englouti. C’est ce qui est arrivé aux deux adolescents il y a deux ans. Deux autres ont failli disparaître hier pendant la très forte pluie de l’après-midi. Ils n’ont été ‘‘ensevelis’’ que juste qu’à la ceinture et ont pu être sauvés par leurs amis. Ce qui ne les a pas empêchés de revenir ce matin et de se livrer à leur périlleuse besogne. La Direction de la Sécurité Industrielle de Friguia a bien tenté de les en empêcher mais en vain. Les autorités ont été sollicitées mais jusqu’à ce soir, aucune force de l’ordre n’était présente pour sécuriser la zone. C’est vrai qu’il n’y a pas d’argent à gagner mais il y va de la vie de personnes insouciantes.
Il reste quand même une façon efficace de lutter contre ce phénomène : recenser tous les vendeurs de ferraille et règlementer la profession. Les rendre responsables de la mise en danger de la vie d’autrui et des éventuels vols de câbles peut aider à endiguer le problème car ils ne sont pas regardants sur l’origine de ce qu’on leur vend. Quand ils ne sont pas parfois complices en incitant les jeunes à ramener toujours plus de ferraille.
On souhaite voir les autorités réagir rapidement face à ce problème et prendre les mesures qui s’imposent pour sécuriser le site et éviter qu’un drame ne vienne endeuiller la ville.