11 MAI 1981 - 11 MAI 2010, HOMMAGE A BOB MARLEY : 29 ANS QUE LA LEGENDE CONTINUE !
ENFIN, LE SUCCES EST AU RENDEZ-VOUS (2)
En 1974 le groupe se recentre autour de Bob avec Aston "Family Man" Barrett, (basse) Carlton "Carly" Barrett (batterie), l'Américain Al Anderson (guitare), Alvin "Seeco" Patterson (percussions) et le trio I Three aux chœurs (Rita Marley, Judy Mowatt et Marcia Griffiths), qui comptent tous parmi les meilleurs musiciens de l'île. Le remarquable I Three apporte une couleur de chœurs féminins inédite dans le reggae. Cette équipe restera le groupe de scène de Marley jusqu'à la fin.
La carrière solo de Bob Marley (& the Wailers à nouveau) commence alors en 1974 avec son célèbre « No Woman
No Cry » (sur « Natty Dread ») où il demande à une femme qu'il quitte de ne pas pleurer, tout en décrivant leurs bons souvenirs à Trench Town. Il rappelle au passage les "hypocrites" qu'ils y ont
rencontré et les amis perdus sur leur route, sans oublier leur "passé" d'esclave "qu'on ne peut pas oublier" en se dirigeant vers "ce futur magnifique". Avec d'autres titres comme une nouvelle
version de « Lively Up Yourself », « Natty Dread », « Revolution », « Rebel Music », « Them Belly Full », l'album « Natty Dread » reste sans doute son plus grand chef-d'œuvre.
Une tournée anglaise de Bob Marley & the Wailers a lieu en 1975. Les journalistes londoniens sont très
impressionnés par le concert au Lyceum de Londres qui donnera l'album « Live! ». C'est une révélation qui lance la médiatisation intensive de Marley en Angleterre. Elle sera bientôt relayée dans
le reste de l'Europe et du monde. C'est aussi la version en public de « No Woman No Cry » qui commence à passer à la radio. En quelques mois, contre toute attente Marley est une superstar. Son
succès est universel et foudroyant. Il lui reste à peine six ans à vivre.
Le contenu de ses chansons est fidèle à une tradition jamaïcaine
dont les trois principaux thèmes sont partagés à peu près également dans son œuvre :
Premièrement, on y trouve d'abord des chansons d'amour délicieuses comme « Baby Baby We've Got a Date (Rock It Baby », « Could You Be Loved », « I'm Hurting Inside » ou « Waiting In Vain ».
Deuxièmement, à partir de 1974 surtout, des compositions violemment contestataires où Marley défie l'autorité, un oppresseur qu'il résume sous le terme utilisé dans la Bible pour les païens :
Babylone. C'est « I Shot the Sheriff où il est contraint de tuer en légitime défense un policier qui le pourchasse et veut l'abattre sans raison. Il ajoute qu'il est faux de dire qu'il a aussi
"tué son assistant (deputy)". C'est aussi « Concrete Jungle », le quartier de la "jungle de béton" dans le misérable ghetto de Trench Town d'où il vient et où "il faut faire de son mieux" pour
tenir. C'est « Get Up Stand Up », "lève-toi et défends tes droits". C'est « Small Axe », où "la petite hache va couper le gros arbre", métaphore pour dénoncer le "big three" des distributeurs de
disques de l'île.
Et troisièmement, il fait découvrir au monde les racines africaines spirituelles et historiques de la civilisation en présentant la culture syncrétique d'un mouvement marginal jamaïcain qui prône
le rapprochement de tous les hommes, le Rastafari. Pour les rastas, Haïlé Sélassié Ier (Jah Rastafari), l'empereur d'Ethiopie descendant direct de la dynastie du roi Salomon (selon la liturgie
chrétienne orthodoxe éthiopienne) est une divinité, l'homme sacré qui incarne les valeurs chrétiennes originelles et rappelle au passage les origines africaines, éthiopiennes et égyptiennes en
particulier, de la civilisation occidentale (« So Jah Seh »).