UN PEU DE FUMEE BLANCHE DANS LES NEGOCIATIONS A L'USINE DE FRIA...
Suite au débrayage des travailleurs de l'usine RUSAL-FRIGUIA, la descente dans les rues des populations et la mobilisation des enfants de Fria à travers le monde ce lundi 28 juillet 2025, pour réclamer les meilleures conditions de travail en faveur des ouvriers, plusieurs négociations ont eu lieu entre les différentes parties. D'un côté la société RUSAL-FRIGUIA accompagnée de la société SEINTA PRESTATIONS, et de l'autre côté les travailleurs et les femmes veuves des anciens travailleurs décédés soutenus par la population de Fria.
Sur recommandation du Ministère du travail, les négociations ont été menées par les Inspecteurs nationaux du travail accompagnés des inspecteurs régionaux du travail, inspecteurs des mines du travail et inspecteurs préfectoraux du travail, et en présence des autorités locales et les sages de la ville. Les inspecteurs ont d'abord reçu les syndicats, ensuite la direction de Rusal-FRIGUIA accompagnée de SEINTA PRESTATIONS, et de nouveau ils ont reçu les délégués des travailleurs pour faire le retour de leur rencontre avec la direction. Les syndicats ont expliqué aux inspecteurs que Fria est la première usine minière en Guinée et la seule qui transforme la bauxite en alumine. Donc, on ne peut pas accepter d'appliquer ailleurs dans d'autres villes minières les lois qui régissent le travail en Guinée de façon générale et le code minier guinéen et les refuser à Fria. C'est pourquoi, ils ont décidé de manifester et d'alerter les autorités du pays. Ils ont aussi évoqué aux inspecteurs du travail la situation difficile des femmes veuves dont les maris étaient anciens travailleurs de RUSAL et la situation précaire des nouveaux retraités de l'usine. Ces deux derniers n'ont toujours pas reçu l'intégralité de leurs règlements.
Dans l'après-midi de ce vendredi 01/08/2025, les syndicats ont procédé à la restitution aux travailleurs des résultats de la négociation qu'ils ont menée en leur nom. Le collège des Inspecteurs du travail a donc adressé à la direction de RUSAL-FRIGUIA et à sa société besace c'est-à-dire SEINTA PRESTATIONS les recommandations suivantes :
- La loi guinéenne à travers l'article 110.1 du code du travail doit être respectée à Fria comme partout ailleurs. Ce point du code explique que les entreprises doivent utiliser leurs propres mains d'oeuvre. Donc, RUSAL a été contrainte par les inspecteurs de jouer effectivement son rôle de société mère et de reprendre immédiatement à son compte tous ses travailleurs de l'usine qui étaient sous l'ancien contrat RUSAL-FRIGUIA d'avant 2012.
- RUSAL-FRIGUIA doit respecter l'article 48 de la nouvelle convention collective du code minier qui dit qu'aucune société minière ne doit sous-traiter les activités de son coeur de métier. Donc, quasiment, tous les ouvriers de la chaîne de production de l'usine doivent quitter le statut SEINTA pour retourner dans la prise en charge directe de RUSAL-FRIGUIA
- Il a été demandé à SEINTA PRESTATIONS de se dissocier totalement de RUSAL-FRIGUIA. Elle doit exister et évoluer comme une société normale et non comme une branche de RUSAL. La société SEINTA doit avoir sa propre direction, son propre siège, ses propres activités et surtout si nécessaire ses propres travailleurs. Bien sûr, elle peut être "sous-traitant". Mais elle ne peut plus reprendre en son sein les travailleurs ayant le statut de travailleurs contractuels de RUSAL-FRIGUIA ni sous-traiter des travailleurs de la chaîne de production
- Il a été demandé à RUSAL-FRIGUIA d'arrêter son système de travail de "coup par coup" envers les travailleurs sous-traitants. Actuellement, on fait appel à ces derniers au fur et à mesure des besoins journaliers sans aucun plan global d'engagement contractuel. La loi guinéenne doit également être utilisée pour les sous-traitants avec respect de leurs droits
Nous espérons que ces recommandations seront suivies à la lettre pour que la vie reprenne à Fria...
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